Mobilis in mobile(“Mobile dans l’élément mobile”), cette devise du “Nautilus” (Jules Verne : 20.000 lieues sous les mers) m’avait déjà marqué au moment où je l’ai lu il y a quelques années (beaucoup d’années en fait).

Depuis plusieurs années mois, cette devise résonne encore plus, dans mon métier, dans ma vie, bref, dans mon quotidien.

Le capitaine Nemo serait-il un visionnaire directement issu de l’imagination de Jules Verne ?

La devise du célèbre “Nautilus” n’est-elle pas de plus en plus d’actualité dans le monde du digital ?

jules vernes avec un telephone portable dans les mains
Jules Verne, visionnaire du monde mobile d’aujourd’hui ?

Mobilis…

Au-delà du fait que l’entreprise dans laquelle je travaille prône les usages en situation de mobilité, je reste intimement persuadé qu’à l’heure actuelle, la mobilité sur tous les usages digitaux est un élément incontournable.

Nous sommes tous, moi le premier, des usagers quotidiens de solutions digitales mobiles, mais de plus en plus, on retrouve des usages mobiles indirects.

Des voitures connectées, des vêtements, des enceintes, des objets de notre vie quotidienne, et tout ceux qui nous entourent (borne de paiement, vitrines virtuelles,…).

Tous ces nouveaux usages nous accompagnent clairement là où nous sommes, ils sont mobiles autant que nous le sommes tout en restant toujours autour de nous.

Que nous le voulions ou non, le digital est devenu mobile, il nous accompagne, partout, pas toujours adroitement, pas toujours avec la meilleure expérience utilisateur (le fameux UX), mais toujours présent.

L’éviter devient de plus en plus difficile, même pendant la période estivale propice aux vacances et à la coupure du réseau, il reste présent.

Mobile autant que nous ?

Non ! Bien plus encore que nous !

Là où nous restons statiques dans nos usages, le digital lui, s’est rendu mobile pour nous rejoindre, et quand nous sommes mobiles, il nous accompagne mobile lui aussi avec nous.

En fait c’est bien nous qui sommes mobiles et le digital qui, en gravitant autour de nous, est devenu statique de notre point de vue, la problématique de la relativité générale (Albert Einstein) pointe doucement le bout de son nez…

Dès lors, on se rend compte que notre mobilité va entraîner une mobilité sur tous les objets digitaux qui nous entourent…

Ok, je m’égare un peu mais, en substance, cela revient à exprimer le fait que notre mobilité influe sur les usages que nous faisons du digital et plus globalement de tous les IOT qui nous entourent.

Nous sommes mobiles, les objets qui nous entourent le sont par rapport au monde et par rapport à nous, tout est mobile.

Ça donne un peu le tournis toute cette mobilité quand même 🙂

… In Mobile

En tant que CTO, une de mes missions est de faire une veille continue sur les différentes techniques, pratiques, usages, méthodes de travail et de développement qui peuvent toucher ou influer les développements en usage mobile.

 

C’est un peu complexe, je vous le concède mais en gros, je m’intéresse à tout ce qui touche au développement mobile, web ou IOT.

 

Ce que l’on constate assez rapidement, c’est qu’autant au niveau des langages, des technologies, des méthodes de développement, des architectures, des…, des…, tout bouge très vite ! Des choses apparaissent et disparaissent sans laisser de trace aussi brusquement que le temps d’écrire une note sur un site web.

 

Le courant généré par tous ces mouvements technologiques peut assez facilement être visualisé comme le CEA (Courant Sois-australien) qui a permis à un autre Nemo (oui, le petit poisson clown) de se déplacer si loin, mais qui lui a aussi posé tant de soucis pour en sortir.

 

Il n’y a jamais eu autant de langage de développement qu’en ce moment, des vieux langages que l’on disait mort et enterré refont surface tel des phoenix, des petits nouveaux voient le jour au gré des volontés de développeurs ou de grandes firmes multinationales.

À ces langages des dizaines de frameworks sont venus se greffer, des bibliothèques de composants, de fonctions ou tout autres éléments permettant de “faciliter” les tâches des développeurs.

Si on ajoute à cela les méthode de développement et toutes les possibilités d’architecture qui vont avec, l’agilité qui, bien qu’elle porte un peu partout le même nom, se matérialise complètement différemment en fonction de l’endroit où elle s’applique, ou encore la multiplication des “As a Service”, on se retrouve dans un univers mobile par excellence où on peut facilement se perdre et se laisser emporter sans s’en rendre compte.

Le capitaine Nemo avec son Nautilus avait trouvé la solution : bien comprendre cet univers mobile, l’apprivoiser, en comprendre les règles pour pouvoir se mouvoir efficacement, rester mobile dans cet élément mobile.

Mobilis in mobile !

Alors oui, cette devise s’applique parfaitement au monde digital d’aujourd’hui, mais si on se rappelle bien, cette devise est une vraie force pour le Nautilus, qui reste ainsi très agile dans ses mouvements et ses déplacements (tiens, on parle maintenant d’agilité, le capitaine Nemo serait-il aussi Scrum master ?).

Cependant 20.000 lieues sous les mers nous apprend aussi que, dans cet élément mobile, il existe des monstres qui peuvent mettre en péril un bâtiment aussi en avance sur son temps que le Nautilus.

Il est donc très important de rester prudent dans ses choix, de conserver ses forces, d’être agile dans ce monde mobile tout en restant humble face aux tourments qui peuvent secouer l’univers du développement.

Moi, je pense que c’est possible et que nous pouvons tous être capitaine de notre Nautilus pour être “Mobilis in mobile”.