Data, sommeil, skippers, iOT, trail et courses nautiques : vous ne voyez pas de lien entre ces mots ? Et s’il en existait un pourtant ?

Ce lien, c’est Rémy Hurdiel, expert du sommeil en ultra-endurance, chercheur et skipper, qui l’a mis en exergue autour de son projet “Big Sleep Data” ou comment analyser le sommeil des sportifs poussant les limites de leur sommeil à l’extrême pour appliquer le fruit de ses recherches au grand public.

Comme tous les trimestres, nous avons donc organisé nos MobDays (hackathon interne dont nous vous parlions ici) il y a quelques jours en réunissant toutes les équipes pour aider Rémy dans ses recherches. 2 jours de réflexion, de brainstorm et d’analyse pour donner un coup d’accélération au projet Big Sleep Data.

Nous avons posé quelques questions à Rémy pour vous en dire davantage sur le projet.

  • Bonjour Rémy, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je suis Rémy Hurdiel, enseignant chercheur et maître de conférence à l’Université du Littoral Côte d’Opale. Je suis également rattaché au labo URePSSS (Unité de Recherche pluridisciplinaire Sport, Santé et Société) et skipper d’équipage (en compétitions nationales et internationales). je suis expert du sommeil lié à l’univers du sport d’ultra endurance (sports avec privation de sommeil).

  • En quoi consiste le projet “Big Sleep Data” ?

L’objectif principal de ce projet est d’être capable de mesurer le sommeil sur des bateaux en course. Aussi bizarre que cela puisse paraître, nous ne savons pas mesurer le sommeil lors d’une course à la voile aujourd’hui.

En effet, cela fait plusieurs années que je cherche à mesurer le sommeil des skippers mais tous les outils classiques actuels de mesure du sommeil ne fonctionnent pas correctement sur un bateau. Il est en effet compliqué pour le skipper de les utiliser : problèmes liés à l’énergie de ces outils (difficile de les recharger régulièrement par exemple) ou liés à la gêne occasionnée par le matériel (à porter sur soi, à activer ou désactiver…). De plus, les outils traditionnels sont souvent incompatibles avec les mouvements du bateau (accéléromètre pour ne citer que cette technologie).

Le défi reste donc de taille : concevoir un outil très spécifique au besoin et aux contraintes d’une course de bateaux.

  • Qu’as-tu pensé de ces 2 jours de MobDays au niveau du travail effectué, des idées, des différents projets… ?

En un mot, c’était génial ! Plein d’idées ont germées et cette douce sensation que ça va enfin être possible de mesurer le sommeil sur un bateau.

Il y avait une telle effervescence autour du sujet, tout le monde a accroché ! Il est vrai que ce sujet en fait rêver plus d’un, les gens ont réellement envie d’en savoir plus sur le sommeil.

En terme de solutions, le sentiment qu’il y a beaucoup de travail à effectuer reste présent mais que tous les outils sont là, à notre portée, pour y arriver !

  • Comment vois-tu la suite avec La Mobilery ?

Je me rends compte qu’à l’heure actuelle, je ne peux pas faire grand chose sans les équipes de La Mobilery. Une première solution semble avoir émergé mais il faut prototyper, tester, développer… ça va se faire par étape !

Pour la suite, de nombreux allers-retours sont à prévoir entre les compétences et expertises (techno, développement) du côté de La Mobilery et des observations terrain de mon équipe : il faut tester et voir ce qui fonctionne ou pas.

Ce partenariat doit être très étroit et fondamental ! C’est génial ! J’ai trouvé exactement ce que je cherchais et ce dont le projet avait besoin : des compétences élevées et des gens avec l’envie de relever un nouveau défi !

  • Quelles sont les prochaines étapes pour le projet Big Sleep Data ?

Suite aux MobDays, nous devons faire un premier prototype. Avec Thierry (NDLR : Thierry Pezé, ingénieur d’études sur le projet Big Sleep Data), nous avons travaillé une première solution de prototype à tester dans un premier temps ! Il nous reste à fabriquer ce premier prototype de mesure et aller le tester en conditions labo puis, en conditions réelles ! Un nouveau challenge nous attend et je suis très enthousiaste à l’idée de toucher du bout du doigt une solution viable pour le skipper et pour la science !

  • Merci Rémy et à très vite pour la suite des aventures !